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Finsta; alias les «Fake» comptes Instagram

Afin de dévoiler leur «vraie vie», de plus en plus de millenials alimentent un finsta, un compte Instagram parallèle où les moments gênants, la déprime et les plats de pâtes ont leur place.

Car oui tout le monde sait que sur les réseaux sociaux il est possible de modeler notre vie comme bon nous semble et bien souvent nous avons l’impression d’être face à des univers et des quotidiens exceptionnels et parfaits. Or, ici la logique et la dynamique sont tout autre!

Voici un exemple avec 2 filles qui montrent 1 situation mais sous deux réalités totalement divergentes.

Lois Lame

Sur mon compte Instagram, je suis toujours de bonne humeur et souriante, je mange des végétaux sans gluten et ma philosophie de vie se rapproche de celle de Bouddha.

QueenCamille

Dans ma vie, j’ai souvent les cheveux bien gras et pleins de trucs entre les dents, je boulotte des cookies à une heure super tardive rien que pour obtenir des clichés pas du tout correctement exposés et je perds parfois foi en l’Humanité.

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Merci la nature pour ce menton 🍑 💜🌸

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Afin de faire place à ces beaux instants pas du tout glamour mais qui font pourtant partie de la vie de tous les jours, de plus en plus de personnes se créent un deuxième compte Instagram, à vocation privée. On l’appelle Finsta, pour dire «fake Instagram», un compte qui pourtant n’est accessible qu’à un cercle de personnes choisies et définies, où, comme vous l’avez saisi la sincérité et le naturel priment sur l’esthétique et le superficiel.

À l’inverse, sur rinsta «real Instagram» les clichés sont soigneusement sélectionnées, mise en lumière et en scène alors que sur finsta ce sont les aléas de la vie au quotidien qui sont les stars. Le but n’est donc pas forcément de se montrer sous son meilleur jour ou de se mettre sur son 31. Être vrai tout en étant sur un compte fake. Étrange n’est ce pas!

L’impact de l’image sur Instagram

Il faut savoir que ces finstas sont principalement répandus aux États-Unis mais ne devraient pas tarder à se démocratiser en Europe. En réalité, posséder un finsta permet une liberté d’expression totale où le jugement n’est pas craint. Parce que oui mesdames et messieurs se retrouver sur Instagram c’est comme être face à un grand tribunal de l’image de soi… bref votre jugement final! Et comme sur les autres plateformes sociales, le partage de photos et vidéos va de pair avec la validation du contenu par d’autres personnes (proches, amis, connaissances ou encore inconnus) l’obtention de commentaires et de likes tourne rapidement à de l’addiction.

Sans oublier ce réflexe purement humain de se comparer, de mesurer sa valeur par rapport à celle des autres à travers leurs photos. Une étude aurait démontré qu’Instagram est bel et bien le réseau le plus nocif pour notre santé mentale. Une jeune adolescente et star de la plateforme, Essena Oneill, aurait d’ailleurs supprimer plus de 2000 clichés de sa «vie de rêve» tout en révélant son addiction pour cette plateforme afin de prévenir du danger qu’on peut encourir si on ne prend pas assez de recul sur ce genre de «lieu» virtuel.

Alors comment se montrer tel qu’on est et sortir de ce cercle vicieux qui consiste à regarder les autres et à attendre leur approbation? Peut-être en créant un finsta!

Le but d’un compte finsta 

Le finsta c’est comme une porte ouverte qui serait accessible lorsque vous traversez des moments de doute, d’échec ou de déprime. Un monde qui offre la possibilité d’être soi-même ou du moins plus que sur le reste de la plateforme. Les défauts ont leur place mais seulement dans un espace confidentiel et restreint… Puisque sortir de sa ligne éditoriale habituelle c’est prendre le risque de créer de la confusion dans votre communauté et de polluer en quelques sortes votre flux soigneusement léché en rompant avec l’identité visuelle publique que vous vous êtes construite.

Cela peut paraître triste de devoir segmenter sa personnalité et reléguer sa «real life» hors ça confirme l’idée selon laquelle la vulnérabilité n’a pas sa place sur Instagram.

Au final Instagram se veut inspirant et positif. Les crises existentielles possible, ç’est pas assez drôle, ça casse l’ambiance et puis ça n’amène pas beaucoup de likes soyons francs! Or, le phénomène finsta démontre aussi une bonne compréhension du réseau de la part de ses utilisateurs. C’est une façon de gérer et choisir ce qu’on aimerait montrer de sa vie. Tout n’est peut-être pas si perdu que ça au final!

Et puis, une photo floue de soirée un peu trop arrosée ferait rapidement tache sur un compte ouvert à des recruteurs ou employeurs potentiels… alors en restreindre l’accès n’est pas une si mauvaise idée. Cela évite aussi le cyber-harcèlement puisque les personnes que nous acceptons nous les connaissons.

Ainsi, créer un lieu virtuel à ce qui n’est «instagrammable», c’est prendre du recul sur notre propre image et ça ramène un peu de «normalité» dans cette débauche infinie de perfection virtuelle.

Et puis selon vous, notre compte est-il plutôt Finsta ou Rinsta? À vous d’en juger !

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