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Créativité et jeux participatifs. Ce que j’ai appris avec la méthode « Gamestorming ». (III)

Je vous parlais dans mon article précédent de « l’aventure créative » que vous allez proposer à votre équipe lors d’une journée d’idéation. Dans ce troisième chapitre, nous allons aborder l’esprit d’équipe ainsi que les deux premières activités que les aventuriers de 8bitstudio ont subi vécu.

Mon épée est vôtre ! Mon arc aussi ! Et ma hache !

Je me permets de citer les Classiques pour vous raconter le début du périple de notre équipe, à la recherche d’idées pour notre nouvelle application.

En effet, les grands récits épiques nous présentent souvent la geste d’un groupe d’aventuriers aux personnalités diverses (souvent antagoniques) se retrouvant dans les situations les plus périlleuses, obligés de collaborer pour s’en sortir.

Notre équipe n’en est pas moins ! Parmi les 8 participants des différents départements convoqués ce jour là, on y retrouvait clairement les profils suivants :

  • Développement : cartésiens, précis et discrets. Mettons qu’il s’agit d’archers.
  • Créa : un peu mystérieux, ouverts à l’expérimentation et l’improvisation. Un rôle idéal pour les magiciens.
  • Production : la force de choc, capables de déplacer des montagnes ! Des guerriers, sans doute.
  • Marketing : intelligents, agiles, un peu fourbes et manipulateurs (mais gentils tout de même). Le rôle de voleurs leur va comme un gant.

Petite parenthèse par rapport à la diversité des composants de votre équipe. Il est clair que plus il y aura de personnalités différentes, plus la gamme d’idées se verra enrichie. Mais prenez garde, car vous risquez de vous voir débordés de suggestions et possibilités et malgré votre rôle de modérateur vous aurez besoin de l’avis de quelqu’un capable de trancher.

Ce quelqu’un devrait être un participant appartenant à la direction ou ayant un pouvoir de décision réel, indépendamment de son profil (archer, guerrier…). Nous parlons ici de directeurs, chefs de produit, ou autres responsables. Cela permettra de mieux cadrer certaines propositions et de privilégier des solutions viables, correspondant le plus possible aux objectifs définis au préalable. Fin de la parenthèse… revenons-en à nos aventuriers !

Nous avons donc réuni l’équipe parfaite pour vivre ce périple créatif, il va falloir maintenant leur faire comprendre qu’ils doivent travailler ensemble pour un même objectif.

Concernant ce dernier point, j’insiste sur le fait que proposer un objectif trop défini serait une lourde contrainte et qu’il vaudrait mieux laisser le plus de place possible à l’imagination. Etant donné qu’il s’agit d’un projet interne, je ne veux pas trop en dévoiler. Disons que je leur ai simplement annoncé que leur aventure allait consister à « Redéfinir une certaine expérience à travers une application mobile ». Rien de plus.

A ce moment là, j’ai pu entendre un « ouf ! mais ça va être méga chaud à faire ça ! ». Vous avez deviné, un archer…

Il n’avait pas tort en réalité, s’agissant d’un projet plutôt ambitieux, on aurait tendance à sentir un certain vertige initial et se sentir seuls face au danger. Heureusement, on peut toujours compter sur ses compagnons d’équipe… mais peut être faudrait-il la créer cette équipe, n’est-ce pas ?

On y arrive, mais avant détendons un peu l’atmosphère… Pour cela, rien de tel qu’une première activité permettant aux participants de se lâcher mais également de mieux se connaitre et rentrer dans le « mood » créatif et participatif.

Fabrique-moi un avion !

Pour cette première activité, j’ai formé deux équipes de quatre personnes. Je me suis servi d’un jeu de cartes de poker duquel j’ai extrait quatre cartes noires et quatre rouges, puis j’ai demandé a chacun des participants d’en tirer une au hasard. L’équipe noire et l’équipe rouge étaient ainsi constituées.

La première épreuve consistait donc en un jeu d’agilité et coordination. Il s’agissait essentiellement de se lâcher et construire une ambiance propice à la créativité.

J’ai donné à chaque équipe une feuille A4 en leur demandant de fabriquer un avion en papier en un temps limite de trois minutes. L’équipe capable de faire voler son avion le plus loin remporterait l’épreuve. Seule petite contrainte : les participants ne pouvaient utiliser qu’une seule main, la deuxième devait impérativement se trouver dans leur dos. Ils n’avaient alors que le choix de se mettre d’accord pour collaborer.
En moins de deux minutes le premier avion s’écrasait misérablement aux pieds de l’équipe la plus rapide…

La deuxième équipe, plus lente mais plus méthodique, testait son avion après deux minutes et demie et arrivait à lui faire traverser le couloir d’entrée des bureaux entre cris et applaudissements. Je récompensais leur effort en leur offrant un paquet de biscuits au chocolat. Première dose de sucre que l’équipe gagnante partageait généreusement avec ses adversaires (on est cool chez 8bitstudio quand même !).

Les liens de complicité et confiance étaient ainsi tissés entre les compagnons de chaque équipe et une saine rivalité commençait à se faire sentir. Tout le monde était maintenant chaud et motivé pour attaquer la première véritable épreuve.

Le bac à sable

C’est un classique dans toute phase de recherche lorsqu’on parle d’expérience utilisateur. Je voulais à ce stade ramener un peu tout le monde sur terre en leur proposant de réfléchir à des scénarios d’utilisation.

Pour cette épreuve, j’ai volontairement séparé les composants de chaque équipe dans le but d’éviter que les voleurs plus extravertis monopolisent la parole et biaisent ainsi les opinions des autres.

Munis de post-it et de stylos, chaque participant était amené à imaginer le plus grand nombre de types d’utilisateur en leur donnant un prénom et une activité. Ce premier round du bac à sable avait un temps limite de cinq minutes. De mon côté je divisais notre tableau blanc en trois colonnes, l’intitulé de la première colonne étant « En tant que… ».

Une fois les 5 minutes écoulées, je reprenais tous les post-it et les collais sous l’intitulé. Nous obtenions ainsi des cas de figure semblables à : « En tant que… » Gérard le sportif, Marie Louise l’institutrice, Hans l’ex militaire, Sacha le geek…

A ce stade un premier filtrage s’imposait déjà car il fallait éliminer les doublons et les types d’utilisateur peu pertinents. En quelques minutes nous avions complété la première colonne.

Deux rounds supplémentaires suivirent ce premier afin de remplir les colonnes deux et trois intitulées respectivement « Je veux » et « Dans le but de ». Avec toute cette information nous avions ainsi défini les « stories » de nos utilisateurs. Ces « stories » allaient par la suite constituer les principales fonctionnalités de l’application.

Nous avions ainsi parcouru la première étape du périple en une vingtaine de minutes. Nos aventuriers n’avaient même pas vu le temps passer et avaient posé les bases du projet de manière collaborative dans une ambiance de travail détendue, efficace et très participative.

Il allait maintenant falloir prioriser ces fonctionnalités et définir lesquelles seraient les plus pertinentes. Pour cela j’avais prévu une nouvelle activité qui allait mettre à l’épreuve les talents cachés de notre équipe d’aventuriers en les obligeant une fois de plus à collaborer pour s’en sortir…

A quel plan machiavélique allaient-ils encore devoir s’affronter? Quels dangers inconnus attendaient l’équipe de 8bitstudio?

Ne manquez pas le prochain volet de cette palpitante série pour le découvrir et n’hésitez pas à réagir sur notre page Facebook ou m’envoyer vos questions.

A bientôt !

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