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Quand les marques produisent des ondes positives

L’équipe de 8bitstudio s’est rendue chez Wavestudios. Une agence de design sonore qui permet à ses clients d’avoir une identité visuelle distincte. Découvrez le contenu de cet interview qui fera plaisir à vos yeux et vos oreilles.

Raphaël Parisod se lève de sa chaise avec un grand sourire et nous accueille dans son bureau à Lausanne.

Un lieu joliment aménagé, où instruments et appareils côtoient objets et autres détails qui embellissent la pièce.

Raphaël est Sound Designer. Avec son équipe, il transforme vos mots et vos émotions en son et en musique.

Dit comme ça, ça parait simple. Mais beaucoup d’entre nous ne comprennent pas vraiment les enjeux d’un tel métier.

Pascal Stifani (PS) : Pourquoi un Sound Designer de qualité peut vraiment améliorer l’expérience que vous allez offrir à vos clients ?

Raphaël Parisod (RP) : « Comme pour le design graphique, il existe d’une part des codes et conventions sur lesquels un expert peut s’appuyer, mais aussi une importante démarche personnelle et subjective qui permet à chaque individu de ressentir une nuance différente de la même émotion.

Prends le Piano par exemple. Si je veux transmettre une certaine émotion avec cet instrument, c’est facile. Je peux choisir quelles notes je veux jouer, si je veux faire un accord, à quel rythme je peux jouer cette mélodie, à quelle vitesse, etc. Toutes ces ‘variables’ permettent d’exprimer une gamme d’émotions énorme avec un seul instrument.

Maintenant, mon but n’est pas uniquement de transmettre une émotion. Mais bel et bien une histoire complète. Et c’est là que le Challenge se montre. Comment, grâce à des instruments, des sons et maintenant l’outil digital avec son infini de sons et d’effets, je peux créer une histoire cohérente qui soit facile à comprendre, agréable à écouter, et simple à retenir ? »

Pour illustrer son propos, Raphaël nous a demandé de participer à un exercice :

RP : « Je vais vous passer une musique. J’aimerais que vous écoutiez cette musique et que vous me disiez quels sentiments vous viennent en tête, quelle histoire vous pourriez inventer et pour quel type de publicité vous pourriez utiliser cette musique. Il n’y a pas de réponse juste ou fausse. L’idée est simplement de montrer que malgré les légères différences entre un humain et un autre, il y a pas mal de similarités et de codes sur lesquels nous pouvons nous appuyer. »

La musique passe, 90 secondes de sons qui s’enchaînent.

« Alors ? », nous demande Raphaël avec ce sourire que seuls les grands enfants ont su garder.

Nous discutons, échangeons quelques minutes et tout colle. La mélancolie est le premier terme qui nous est venu de manière unanime. Le fait que le piano répète sa mélodie avec une certaine lenteur renforce ce sentiment. Puis, vient ce petit côté féérique et rassurant avec le Glockenspiel (le petit son de métallophone).

Finalement, la batterie en support vient aider ces deux premiers instruments à avancer, sans trop en faire. La couleur ? Nous n’étions pas tous d’accord. Raphaël et Elisa disaient bleu, moi gris et brun (j’imaginais une balade dans une forêt d’automne avec du brouillard).

Je comprends mieux pourquoi des marques et entreprises s’offrent les services d’experts comme Raphaël pour sélectionner ou même créer des sons et musiques aussi sophistiqués.

Les droits d’auteurs – Le côté sombre de la lune

PS : Quel est l’aspect le moins connu de ton métier et pourquoi ?

RP : « Il y a un aspect dans notre métier que beaucoup de gens ignorent. Le résultat final de notre travail est considéré comme une Œuvre au même titre qu’une photographie.

Ce qui veut dire que lorsqu’un Sound Designer compose une musique pour une entreprise, il est en principe rémunéré deux fois et avec deux sources différentes :

  1. Le travail effectué. Comme un graphiste pourrait facturer pour la création d’un logo.
  2. Les droits liés à l’utilisation de la musique.

C’est vraiment important que les clients qui font appel à nous sachent que cette nuance existe.
Nous mettons un point d’honneur à ce que la question des droits d’auteurs soit la plus claire et la plus agréable pour nos clients.
C’est une partie qui peut très vite devenir rébarbative et nous voulons nous assurer que l’utilisation de notre travail soit la plus simple possible pour tous nos clients. »

Quand le bruit devient musique

Nous demandons à Raphaël de nous parler d’un projet où il s’est particulièrement amusé.

RP : « Un des projets qui m’a le plus frappé a été un travail de Sound Design complet pour une émission de la RTS qui a comme slogan « Faites tourner l’info ! ». »

Ce qui est amusant avec ce projet, c’est que la signature sonore ne comprend quasiment aucun son venant d’un instrument.

RP : « Notre client avait des mots comme intemporalité, frénésie, informations et disruption. Ce dernier mot était vraiment important pour lui car il était important que les gens comprennent qu’ils allaient recevoir de l’information d’une manière atypique.

Le son du Scratch représente cette disruption. Ce qui est assez évident. Mais le plus grand challenge pour nous a été l’intemporalité.

Si nous avions utilisé des synthétiseurs et trop de sons digitaux, notre travail aurait pris trop de rides pour les 10 à 15 ans à venir. Alors qu’en mélangeant des sons de machines à écrire avec des sons de claviers frappés rapidement, que l’on ajoute encore les sons de la communication d’hier à celle d’aujourd’hui (Le Modem 56k, les pages d’un journal qui se tournent), nous offrons à nos oreilles tous les repères et tous les sons relatifs à l’information.

Le tempo a été fixé proche du rythme cardiaque moyen d’un humain, pour ajouter cette notion de « vivant » que nous cherchions à offrir. »

« On dit qu’une image vaut 1’000 mots, essayez avec une musique ! »

Et quand les voix s’en mêlent

PS : C’est un aspect qui est super intéressant chez nous en Suisse. Habitant en Suisse Romande, j’ai toujours souvenir de ces publicités à la télévision qui ont une voix-off qui ne colle absolument pas à la pub et qui somme toute, est souvent très nulle.

Raphaël se met à rire.

RP : « Je ne peux pas tellement t’en parler. Tout ce que je peux te dire c’est qu’aujourd’hui, nous faisons tout notre possible pour passer un maximum de castings à nos clients pour leur trouver des voix qui sortent de l’ordinaire et qui les rendent remarquables.

On vient de terminer un travail monumental pour un client qui a nécessité un casting de plus de 40 voix féminines, pour enregistrer un slogan de renommée mondiale, déjà traduit en 35 langues différentes.

Il y a une année, nous avons travaillé avec les TL pour une annonce de sécurité. L’objectif était d’inciter les voyageurs à plus se tenir aux barres de sécurité.

Ce qui est génial dans ces projets, c’est lorsque notre client possède un état d’esprit ouvert et souhaite changer les habitudes des gens.

Nous avons pu faire appel à Yoann Provenzano pour la voix. C’est vraiment génial de pouvoir travailler avec des figures locales et d’apporter une touche de fraicheur dans les voix !

De plus, nous avons coaché Yoann pour trouver la bonne intonation ! Et bien sûr, il y a une part d’exploration. Sois plus sérieux, sois plus fou, imagine que tu t’es levé du pied gauche, etc.

Jusqu’au moment où on s’est dit, fais le cliché du contrôleur avec un monstre accent. Bingo ! Nous avions trouvé la formule magique.

Comment nous savions que nous étions dans le juste ? Nous avons eu un fou-rire de 15 minutes entre Yoann, le client et nous.

Nous étions ravis de voir que cette communication pour les TL aie fait le Buzz et que les gens relayaient eux-mêmes la campagne sur les réseaux sociaux.

C’est grâce à ces moments et ces idées que notre travail se révèle être tous les jours un pur moment de bonheur. Un travail qui aide subtilement mes clients à être un peu plus proche de leur public. »

Vous voulez en savoir plus sur l’équipe de wavestudios et leurs projets ? Rendez-vous tout de suite sur leur site Internet. 

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