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Recommandé (ou pas ?) : La Poste Suisse lance son jeu mobile

Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, La Poste Suisse fait très souvent parler d’elle. Et, comme pour excuser le facteur parti sans sonner (alors que nous étions là, affalés sur le canapé), le géant jaune a récemment développé une application mobile, faisant appel à la réalité augmentée.

Disponible sur iOS et Android, « Postman » reprend nombreux éléments du gameplay proposé par le phénomène « Pokémon Go », sorti à l’été 2016. Une map’, des kilomètres (et des kilomètres) à faire, moult points d’intérêt ; le colis est quasi le même que celui livré par les entreprises américaines et japonaises, il y a un peu plus d’un an maintenant. Seule différence : un flop total pour la firme helvétique et son jeu mobile. Erreurs de communication ? Public mal ciblé ? Application où l’on tourne vite en rond ? Un subtil mélange des 3, semblerait-il.

Et ça fonctionne comment ?

Puisque le schéma « métro/boulot/dodo » est désormais bien trop has-been, La Poste propose à ses (futurs) consommateurs – ou collaborateurs – de s’essayer, entre deux tâches IRL*, au métier de facteur. Mais tempérez votre enthousiasme, même si c’est un jeu, le boulot y est crevant. D’abord, il faut aider. Dans l’app’, nombreux clients (certes fictifs) solliciteront votre soutien, afin de pouvoir mener à bien leur journée surchargée. Ensuite, il faudra récolter. Du cutter au rouleau de scotch, en passant par le timbre, nombreux éléments indissociables aux services postaux vous seront demandés, pour effectuer les missions. Tel une stressante liste de courses, avant de venir en aide à qui que ce soit, un nombre d’items précis devra être obtenu. Enfin, un mini-jeu à la « Candy Crush » est également proposé, dans le gameplay de « Postman ».

Et ça communique comment ?

« In app », La Poste Suisse use de la proximité – la fameuse, celle utilisée par IKEA, Axe ou encore QoQa. Le « tu » est donc de rigueur dans « Postman », ce qui nous ferait presque comprendre que le service postal souhaite redorer son blason côté jeunesse. La jeunesse qui, elle, s’oriente peu à peu vers des services dits « privés et rapides ».

Du côté de sa communication « digitale », en Suisse romande, seuls quelques youtubers/influencers (rémunérés, donc), comme le Genevois « Le grand jd », répondent au #POSTMANgame, sur les réseaux sociaux. C’est tout ? Absolument. Et de l’autre côté du Röstigraben, quelques 10 publications seulement flirtent avec le mot-dièse de référence, sur Instagram. Finalement, sur les plateformes de téléchargement d’applications en ligne, le jeu n’est que peu ou pas noté ; sur « Google Play », le jeu atteint péniblement les ★★★☆☆.

Et « physiquement », c’est un peu le même fonctionnement. Dans les bureaux de Poste romands (fièrement marqués sur la map’ de l’application), la promotion est aux places d’apprentissage ou à la boîte aux lettres intelligente. Rien pour « Postman » et ses missions.

Et sinon ?

La Poste Suisse et son facteur de poche perdent encore des points, avec des textes mal traduits : par exemple, Rachid (32 ans), devient, l’espace d’une ligne de texte, « Carmen la créative ».

La chute continue pour « Postman », avec une liste de bugs longue comme un parchemin. Sur le web, nombreux utilisateurs dénoncent : « L’appli à l’air excellente, mais elle ne se lance pas… », « L’application se ferme à chaque fois que je l’ouvre et le clavier ne s’affiche pas… », « Sympa mais l’application se ferme à chaque fois que je veux ouvrir un paquet… ».

En bref et en définitive, « Postman » a tenté de nous séduire, et nous sommes déçus ; une technologie révolutionnaire (la réalité augmentée), mais une communication bien trop faible et un public certainement mal ciblé. Une déception d’autant plus accrue, puisque La Poste Suisse propose habituellement une offre digitale novatrice et de qualité, comme « PostCard Creator » ou « Suisse Poste App », 2 applications que l’équipe 8bit vous recommande.

*In Real Life : dans la vraie vie. 

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