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Créativité et jeux participatifs. Ce que j’ai appris avec le « Gamestorming ». (II)

Dans mon article précédent je vous parlais d’un projet d’application que nous développons à l’interne et de comment je me suis retrouvé à organiser une journée d’idéation avec une équipe composée de profils plutôt antagoniques (créatifs et développeurs).

Dans ce deuxième volet, je vais vous parler du rôle du modérateur / animateur et vous dévoiler quelques petits conseils utiles. Voici donc comment a commencé notre journée idéation…

Mon jeu, mes règles !

Dans mon adolescence j’étais un grand fan de jeux de rôle. J’ai passé bien des soirées à lancer mes dés à vingt faces pour terrasser des dragons et explorer des royaumes de fantaisie, guidé par un « Rôle Master » qui avait soigneusement créé un univers entier dans lequel me transporter et me faire découvrir une histoire épique et captivante. Les meilleurs « Rôle Masters » réussissaient à me faire crocher très fort à leurs histoires et passer ainsi des heures à explorer leurs univers. C’est chez ceux qui proposaient les meilleures aventures que j’avais envie de retourner le week-end suivant pour en découvrir plus.

Le travail de préparation d’une journée de Gamestorming n’est d’un certain point de vue pas loin de celui auquel aurait affaire un « Rôle Master ». Il faut d’abord créer un univers dans lequel on déterminera un objectif, remplacez donc « terrasser un dragon » par « créer une nouvelle expérience utilisateur » ou « créer un nouveau produit ». Ensuite, il faut définir un entourage pour les « aventuriers » qui contiendra une série d’obstacles et de structures à explorer. La création de cet entourage doit établir clairement un cadre et des règles afin que les participants ne fassent pas n’importe quoi.

Ce dernier point constitue votre plus grande responsabilité, car mis à part le fait d’obtenir les meilleures idées de chacun, vous allez devoir et être capable d’aider les participants à trancher lorsqu’ils se sentiront perdus ou devront choisir entre plusieurs voies à explorer. Un cadre et un objectif bien définis seront à ce moment là vos meilleurs alliés.

Première étape en tant qu’animateur : établir un programme qui décrira les diverses activités prévues avec une estimation du temps nécessaire pour le déroulement de chacune d’entre elles. Vous devrez veiller à ce que le programme soit tenu avec la plus grande rigueur possible, afin d’éviter les débordements des activités et l’épuisement des participants. Il faut donc déterminer un horaire qui marquera le début et la fin des activités et le communiquer à toute l’équipe.

Premier obstacle rencontré : la relativité du temps. Dans notre agence nous ne sommes pas vraiment stricts par rapport aux horaires d’arrivée le matin, chacun possède un planning assez bien défini et gère ses activités au mieux afin de tenir les deadlines. Conscient du fait que certains profils ont tendance à interpréter l’expression « neuf heures tapantes » comme « entre neuf et neuf trente » j’ai donc convoqué tout le monde trente minutes avant l’heure réelle prévue pour le début des jeux. Mon jeu, mes règles !

Deuxième étape : énumérer chaque activité prévue avec un bref descriptif de son objectif, ses règles et le temps prévu pour son déroulement. Il faut également prévoir les temps de pause afin d’éviter l’épuisement des participants. Veiller au rythme entre les activités et les périodes de détente est également un point à ne pas négliger si vous ne voulez pas que les participants s’épuisent où se dissipent. A ce sujet, je vous recommande d’éteindre mobiles, tablettes et ordinateurs, inutile de vous expliquer pourquoi.

Euuuh… c’est encore loin… ?

A propos des objectifs, il est nécessaire d’assimiler deux aspects bien différents :

D’un côté, l’objectif global de la journée, qui ne doit pas être excessivement précis ou contraignant. Je reprends l’exemple d’un jeu de rôle qui aurait pour mission « terrasser le dragon dans le volcan avec une arme magique que vous aurez trouvé dans le donjon du château maudit » que vous pouvez facilement extrapoler par « développer une application innovante permettant aux utilisateurs de commander des services de chauffeur privé dans leur zone géographique ». Peu d’espace restant pour l’imagination et l’innovation n’est-ce pas ?

Il serait donc plus pertinent de définir un objectif du type « proposer une nouvelle expérience client dans nos boutiques ». Cette approche laisse bien plus d’espace à l’imagination et la créativité.

D’un autre côté, l’objectif de chaque jeu, qui au contraire de l’objectif global, sera bien plus efficace s’il est clairement défini et proche. Vous pouvez voir les jeux composant une journée idéation comme des étapes d’un long voyage. Ces étapes une fois cumulées, permettront aux participants d’arriver au but final sans à peine s’en être rendu compte. Autrement dit : « avant d’arriver au volcan où se trouve le dragon il faut déjà arriver à l’auberge du village voisin », extrapolons encore une fois « avant de définir toutes les fonctionnalités de notre application, assurons-nous qu’elle répond à un besoin concret ».

Si vous segmentez ainsi votre journée, les participants pourront mieux gérer leur énergie et ne se décourageront pas. Et ceci donne lieu au point suivant…

Prenez soin des participants !

Lorsque l’on parle d’idéation et de Gamestorming, il est important de faire en sorte que tout le monde se sente le plus à l’aise possible afin de pouvoir débloquer l’imagination et la créativité, il faut donc faire le nécessaire pour créer une ambiance détendue et informelle.

Dans mon cas, j’ai invité tout le monde à prendre leurs pantoufles ou autres chaussures qu’ils estimeraient « fun », voir ridicules, avec eux. Le but était de maximiser le confort et provoquer une certaine autodérision. Etonnamment, cette technique contribue d’un côté à ce que les profils les plus introvertis perdent la peur envers les critiques et se sentent encouragés à s’exprimer et d’un autre côté, elle aide les profils plus stricts ou formels à se « décoincer ». Vous imaginez le responsable marketing de votre boite en pantoufles Homer Simpson ? Je n’en dirai pas plus.

Prenez donc soin de vos « aventuriers » ! Pensez à leur confort et à leur offrir de quoi récupérer leurs énergies. Quelques bonbons (sucre !!), fruits secs ou autres mis à disposition seront appréciés et contribueront à de meilleures performances de votre équipe.

 

Pensez également à les encourager lorsqu’ils atteindront un objectif, voir même les récompenser avec quelques goodies. Cela contribuera à établir une ambiance compétitive saine et détendue.

Votre feuille de route avec vos objectifs et étapes est prête ? Vous avez réussi à créer une belle ambiance pour tirer le meilleur d’une équipe dans une journée d’idéation ? Alors vous êtes prêts à démarrer l’aventure.

Dans mon prochain article je vous parlerai de l’importance du warmup et d’un premier jeu que j’ai proposé à l’équipe afin de déterminer les fonctions de l’application.

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